On marche de plus en plus vite

Voyage Aug 24, 2026 IDOPRESS

On marche de plus en vite,selon une étude menée notamment à New York. (SPENCER PLATT / GETTY IMAGES VIA AFP)

Et ce n’est pas une petite accélération dont il s'agit : on marche 15% plus vite que dans les années 1980. Du moins à New York,à Boston et à Philadelphie,les trois villes pour lesquelles il existe des enregistrements fiables des piétons.

C’est une équipe de l’université de Yale et du MIT qui a mené l’étude. Les chercheurs sont allés visionner des séquences filmées dans les années 1980 par un urbaniste qui avait étudié les interactions dans la rue. Et ils ont filmé les mêmes endroits 40 ans après,avant d’analyser les images avec l’aide de l’intelligence artificielle.

Une vie de plus en plus trépidante

Les chercheurs s’attendaient certes à des différences,mais pas à ce point : 15% d'écart,ce n’est pas rien. On file dans la rue,on est pressés. Le cliché de la vie trépidante des urbains n’a jamais été aussi vrai.

On flâne moins aussi : la proportion des "flâneurs" a diminué de 14%,sachant qu'un flâneur,d’après le barème des chercheurs,est quelqu’un qui marche à moins de 0,5 m par seconde,soit 1,8 km/h.

En revanche,on est toujours aussi solitaires : le pourcentage de personnes marchant seules a à peine évolué : il est passé de 67% à 69%.

Les chercheurs ont testé plusieurs hypothèses,pour trouver une cause à cette accélération. Par exemple,la hausse des revenus urbains qui aurait accéléré la marche : le temps serait en quelque sorte devenu plus précieux. Ou la multiplication des cafés,qui offrent des lieux d’interaction sociale plus confortables,à l’abri de la pluie,ou de la chaleur.

Le téléphone portable en cause ?

Car la conséquence de notre marche frénétique est que la fréquence des rencontres dans la rue décline,ainsi que le nombre d’interactions. Les rues sont devenues de simples lieux de passages,même celles qui sont conçues pour être agréables.

Ce n’est plus là qu’on rencontre les gens,qu’on organise nos relations sociales,en raison de l’arrivée des téléphones portables. Voilà le gros changement de ces 40 dernières années. On organise sa vie sociale au téléphone,et cela se voit dans notre manière de nous déplacer dans la rue.

Reste à voir si ça se vérifie partout dans le monde. Maintenant qu’ils ont éprouvé leur méthode,les chercheurs sont en train de rassembler des images de 40 villes en Europe. On verra alors si les Parisiens marchent aussi vite que les New-Yorkais.

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